
In memoriam
Alain Weisbrod (1936-2005)
Jacques Fabriès
André Guinier (1911-2000)
Hubert Lagache (1930-1998)
Roland Pierrot (1930-1998)
Michael Fleischer (1908-1998)
Alain Weisbrod (1936-2005)
Alain Weisbrod nous a quittés le 18 octobre 2005 au terme d'une
très longue maladie.
Alain était entré à l'Ecole de Géologie
en 1956. Sorti 1er de sa promotion il fut nommé assistant à
sa sortie de l'Ecole, et entama une thèse sur le cristallin
des Cévennes médianes qu'il soutint en 1970 : "Pétrologie
du socle métamorphique des Cévennes médianes. Reconstitution
sédimentologique et approche thermodynamique du métamorphisme".
Il fit toute sa carrière d'enseignant-chercheur à l'Ecole
de Géologie, comme Assistant (1959), Maître-Assistant (1965),
Maître de Conférences (1970),puis Professeur (1976) jusqu'à
sa retraite qu'il prit en 1998.
A l'Ecole il enseigna la cristallochimie et la minéralogie, la
pétrologie du métamorphisme, certains cours de métallogénie,
la physico-chimie et la thermodynamique classique appliquée aux
Sciences de la Terre. Il dirigea également les stages de deuxième
année en terrain cristallin, en Ardèche, de 1962 à
1995, soit pendant plus de trente ans, ce qui le rendit proche des élèves
de l'Ecole. De plus il fut responsable du concours d'entrée à
l'Ecole de Géologie de 1981 à 1994. Alain était très
attaché à l'Ecole de Géologie, et à ses étudiants.
Avec Jacques Fabries et Jacques Touret il fut le promoteur d'une vision
nouvelle en pétrologie et contribua grandement à l'introduction
des sciences dures dans l'enseignement de l'Ecole.
Après sa thèse il fit sa recherche au Centre de Recherches
Pétrographiques et Géochimiques (CNRS) de Vandoeuvre lès
Nancy. D'abord pendant dix ans au sein de l'Equipe de Recherche sur les
Equilibres entre Fluides et Minéraux qu'il fonda avec Jacques Touret
et moi en 1969, puis à partir de 1979 au sein de sa propre équipe.
Au sein de ces équipes il travailla à la pétrologie,
l'étude des inclusions fluides, l'expérimentation à
haute température et haute pression, et la métallogénie
des gisements de départ acide : étain et tungstène,
et les porphyres cuprifères en particulier. Et il forma de nombreux
chercheurs. Il fut enfin accueilli pendant l'année universitaire
1972-1973 au Geophysical Laboratory de Washington comme Staff Member, où
il travailla sur l'équilibre grenat-cordiérite (influence
des teneurs en eau et en Mn).
Je me rappelle encore de notre première réunion, en 1969,
pour définir le projet de notre future collaboration. Sans détour
il me dit brutalement : "Tes inclusions fluides c'est bien, mais tant qu'on
n'aura pas leur composition chimique on ne pourra rien en faire, rien calculer.
Elles ne servent donc à rien !". Je savais bien qu'il avait raison,
mais en 1969 je ne voyais pas comment on pouvait faire une analyse chimique
quantitative de fluides contenus dans des cavités de quelques dizaines
de microns cubes ... Mais la semonce avait porté : deux ans plus
tard nous montions au CRPG un laboratoire qui permit de commencer à
traiter ce problème.
Ses publications furent d'abord d'ordre pédagogique : nouvelle
édition du "Petit Roubault " la détermination des minéraux
au microscope polarisant", en collaboration avec Jacques Fabriès
et Jacques Touret, sous la direction de Marcel Roubault (1963), le livre
de "Thermodynamique de base pour minéralogistes, pétrographes
et géologues", écrit avec Raymond Kern, paru en 1964 et traduit
en russe (1966) et en anglais (1967), qui lui valut aussitôt une
grande aura internationale. Très en avance sur son temps, ce livre
fut imité des années plus tard dans la littérature
anglo-saxonne. En fait il constitue la première application de la
thermodynamique à l'étude des équilibres minéralogiques,
base de toute étude moderne sur le métamorphisme.
Alain s'est alors comporté, et à cette époque c'était
inhabituel, comme un exemple particulièrement équilibré
de chercheur confrontant :
- le terrain : analyse pétrographique et structurale, acquisition
de données analytiques
- l'utilisation des données expérimentales, qu'il acquiert
quand elles n'existent pas
- la modélisation des mécanismes proposés.
Au milieu des années 70 toute son activité s'est alors
tournée vers l'étude du rôle des fluides crustaux dans
les phénomènes métamorphiques, hydrothermaux et tardimagmatiques
Dans le domaine des fluides crustaux Alain s'est intéressé
à la topologie des systèmes H2O-sels, aux phénomènes
d'immiscibilité et de mélange de fluides comme cause du dépôt
des métaux, au métamorphisme alpin, au métamorphisme
hydrothermal océanique, aux phénomènes métasomatiques
dans le métamorphisme basse pression, aux constantes d'équilibre
dans les minéraux des roches ultrabasiques, à la calibration
du géothermomètre K/Na des fluides en équilibre avec
les feldspaths alcalins, à l'équilibre cordiérite-tourmaline,
à la teneur en B des fluides hydrothermaux naturels, etc ... La
plupart de ces publications furent faites avec des collaborateurs, collègues
ou étudiants.
Il fut membre élu du Comité National de la Recherche Scientifique
de 1976 à 1981, et du Conseil National des Universités (section
: géologie profonde), qu'il présida pendant un mandat. Il
était membre de nombreux comités de recherche scientifique
nationaux (en particulier en métallogénie) et internationaux
(Mineral Thermodynamics). Il portait un grand intérêt à
la Société Française de Minéralogie et Cristallographie.
Alain voyageait beaucoup, pour ses recherches sur le terrain (Europe,
Maroc, Indonésie), mais aussi pour participer à des colloques
et congrès ou pour donner des conférences (USA, URSS, Europe).
Il enseigna dans plusieurs écoles d'été et d'hiver,
et trois congrès de l'OTAN "Volatiles in metamorphism" en 1974 (France-Suisse-Italie),
"Thermodynamics in Earth Sciences" en 1976 (Oxford) et "Geochemistry of
Hydrothermal Ore-forming Processes" en 1987 (Espagne). Il fut l'un des
fondateurs du symposium bisannuel "Experimental Mineralogy, Petrology and
Geochemistry", dont il organisa la première réunion à
Nancy en 1986.
Alain était marié et père de trois enfants. Proche
de la nature il pratiqua durant toute sa vie l'escalade, en France et en
Corse. Il était féru de musique, et aimait jouer au piano.
Sa maladie ne fut diagnostiquée qu'en 1997, mais elle l'avait
atteint probablement dés avant 1990. Elle fut un calvaire pour lui
et sa famille à qui nous exprimons toute notre sympathie.
C'est une figure brillante de la Pétrologie et de la Métallogénie
qui nous quitte, qui aura marqué par son enseignement et sa recherche,
mais aussi par son approche de la vie, de nombreuses promotions d'élèves
de l'Ecole de Géologie, et de nombreux jeunes chercheurs.
Bernard Poty
Jacques FABRIES
Jacques Fabriès est décédé le 19 juillet 2000
à Paris. Chevalier de la Légion d'Honneur, Chevalier des
Palmes Académiques, Directeur du laboratoire de Minéralogie
du Muséum de 1968 à 1998, Directeur du Muséum de 1990
à 1994, il fut président de la SFMC en 1987.
André GUINIER (1911-2000)
Membre de l'Académie des Sciences, Professeur émérite
de l'Université Paris-Sud et premier directeur du Laboratoire de
Physique des solides d'Orsay, Président de la SFMC en 1960.
André Guinier nous a quittés. Il était âgé
de 89 ans. Il fut l'une des grandes figures de la cristallographie au cours
du siècle qui s'achève.
Il naquit à Nancy où son père, membre de l'Académie
des Sciences dans la section d'économie rurale, était directeur
de l'Ecole Forestière. Excellent élève, il entra à
l'Ecole Normale Supérieure en 1930 où il opta pour la physique
sous la direction de maîtres tels que G. Bruhat, H. Abraham et E.
Bloch. C'est Charles Manguin, professeur à la Sorbonne, qui lui
donna le goût de la cristallographie. Les premiers travaux d'André
Guinier ont été consacrés la conception et à
la réalisation d'une chambre de diffraction des rayons X, munie
d'un monochromateur, dont la géométrie conduisait à
une parfaite focalisation des faisceaux. Cette chambre, très communément
nommée "chambre de Guinier", permit de remarquables progrès
en radiocristallographie .
En particulier, il devenait possible d'étudier la diffusion
des rayons X au voisinage immédiat du faisceau incident. André
Guinier fut le pionnier de l'observation de cette "diffusion aux petits
angles", qui le conduisit à une étude quantitative d'un grand
nombre de types de défauts cristallins. Chacun connaît les
"zones de Guinier-Preston", zones de concentration de l'un des types d'atomes
composants dans un alliage (le premier exemple fut Al-Cu).
André Guinier démontra le rôle de ces "zones G-P"
dans le phénomène de durcissement structural, si important
en métallurgie. La diffusion aux petits angles amena André
Guinier à définir un "rayon de giration" des agrégats
de toute nature qui pouvaient ainsi être étudiés.
Les défauts cristallins sont parfois dus à des effets
d'irradiation. André Guinier et ses élèves ont ouvert,
dans ce domaine, des percées très remarquables. Et c'est
aussi l'un des très grands mérites d'Anfré Guinier
d'avoir toujours su s'entourer de collaborateurs de premier plan, et donner
l'élan de départ à de nombreux chercheurs talentueux.
L'un des plus brillants d'entre eux fut Raymond Castaing. Le concept de
la "microsonde de Castaing" est issu du laboratoire Guinier et la première
publication annonçant cette sonde (1948) est cosignée par
Guinier et Castaing.
Parallèlement à ses travaux de recherche, André
Guinier eut le très grand mérite de rédiger des livres
et traités qui font date dans l'enseignement de la cristallographie.
Son ouvrage sur la "Théorie et technique de la Radiocristallographie",
paru en première édition en 1956, réédité
et traduit en quatre langues, fut une bible pour les cristallographes.
André Guinier sut aussi assumer avec élégance et
efficacité des responsabilités organisationnelles très
variées. Il fut président de la Société Française
de Minéralogie et de Cristallographie, président de la Société
Française de Physique, président de l'Union Internationale
de Cristallographie. Il était un membre actif et très écouté
de l'Académie des Sciences. A la création de la Faculté
des Sciences à Orsay, il accepta d'en assumer la direction. Il est
l'un des fondateurs du Laboratoire de Physique des Solides d'Orsay. Grâce
à André Guinier et Jacques Friedel, on peut dire que ce laboratoire
fut impliqué dans les avancées les plus significatives de
cette branche scientifique si féconde.
C'est un savant, c'est un découvreur et réalisateur, c'est
aussi un ami qui nous quitte. Il fut pour tous ceux qui ont eu le privilège
de le connaître un maître stimulant et chaleureux.
Hubert Curien
Hubert LAGACHE (1930-1998)
Notre ami Hubert Lagache nous a brutalement quitté le 10 septembre
1998 dans sa soixante-huitième année. Fatigué, certes,
il parcourait encore le 7 septembre les stands du salon Bijhorca (Bijouterie
- Joaillerie - Horlogerie - Cadeau).
Depuis plus de dix ans, il luttait avec courage contre une leucémie
qui l'a finalement emporté. Fils de bijoutier établis à
la Madeleine (Nord), Hubert Lagache s'intéressa bien évidement
très tôt aux gemmes, ce qui le conduisit à suivre les
cours de gemmologie dispensés par Georges Gôhel dans le cadre
du Comité d'Apprentissage de l'Ile de France : il passa avec succès
le Brevet Professionnel de Gemmologie.
Il songea alors à transmettre à ses confrères éloignés
de Paris les bases nécessaires pour différentier objectivement
pierres précieuses taillées et imitations et pour déterminer
quelques pierres fines moins couramment utilisées, tel le diopside.
Aussi, lorsque son ami Daniel Piat fonda l'Association Française
de Gemmologie, le chargea t-il naturellement, en 1962, de créer
et assumer dans ce cadre des cycles de conférences d'initiation
assorties de travaux pratiques pour les bijoutiers de province : à
Lille bien sûr, mais aussi à Lyon, Rennes, Marseille, Toulouse,
Grenoble, etc... Hubert Lagache put ainsi connaître les diverses
difficultés gemmologiques que rencontraient les bijoutiers détaillants,
ce qui le conduisit à adhérer à la Société
Française de Minéralogie. Il y intervint plusieurs fois afin
de faire partager son amour des gemmes aux minéralogistes.
Le 1er janvier 1969, la Chambre Syndicale Nationale du Diamant prenait
en charge les cours dispensés par l'A.F.G. en province, et par le
Comité d'apprentissage d'Ile-de-France à Paris, puis, sous
l'impulsion d'Edouard Sirakian, fondait en 1972 l'Institut National de
Gemmologie : dès 1976, Hubert Lagache y enseignait avec la charge
de Directeur des Etudes.
C'est dans ces conditions qu'il publia en 1979 "Initiation à
la Gemmologie", qui précise les étapes logiques d'une reconnaissance
des pierres taillées à l'aide d'observations simples: inclusions
à la loupe 10 X, caractère optique au polaroïds croisés,
indices de réfraction au réfractomètre à lecture
directe, dichroïsme, densité, couleur de fluorescence sous
lumière noire, principales bandes et lignes d'absorption au spectroscope
à main. Cet ouvrage de gemmologie élementaire fut réédité
fin 1996.
Les membres de la Société Française de Minéralogie
se souviendront avec émotion de leur confrère voué
aux plus attrayants des minéraux, ces gemmes dont la couleur et
la vie font vibrer le coeur de tout minéralogiste. Que Madame Hubert
Lagache et ses enfants soient assurés de toute notre sympathie.
Jean Paul Poirot
Roland PIERROT (1930-1998)
Roland Pierrot, président de la Société Française
de Minéralogie et de Cristallographie en 1984, nous a quitté
le 9 novembre 1998 à Orléans. Il était né le
14 mai 1930 à Guéret (Creuse).
R. Pierrot a commencé sa carrière de minéralogiste
en 1950 au Commissariat à l'Énergie Atomique à Fontenay-aux-Roses
où il avait fait la connaissance de Claude Guillemin qui est devenu
son ami. Lorsque celui-ci avait été nommé assistant
du Professeur J. Wyart au Laboratoire de Minéralogie à la
Sorbonne, il a demandé à R. Pierrot de le suivre. Roland
avait accepté, était rentré au CNRS comme physicien
adjoint, et peu de temps après, il a été chargé
par J. Wyart des travaux pratiques en minéralogie systématique.
En 1956, il a suivi de nouveau C. Guillemin au Bureau de Recherches
Géologiques, Géophysiques et Minières (BRGGM) devenu
en 1959 le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières).
Il était rentré au Service de Minéralogie nouvellement
créé dont il est devenu Chef en 1965. Il assumait cette responsabilité
jusqu'en 1972.
Par la suite, il occupait différents postes administratifs au
sein du BRGM, devenant en 1981 Secrétaire Général
du Service Géologique National, sans jamais oublier sa profession
de minéralogiste.
En 1990, il a fait valoir ses droits à la retraite, mais il continuait
à servir bénévolement, jusqu'à sa mort, la
communauté géologique, en dirigeant le projet Géodrome
(1990-1996) et en présidant, depuis 1997, l'Association qui gère
ce site destiné à populariser la géologie. Il était,
depuis 1990, président de l'Amicale du BRGM.
L'oeuvre scientifique de Roland Pierrot comporte 115 publications consacrées
à la minéralogie descriptive et régionale. Avec ses
collaborateurs, il a décrit 19 nouvelles espèces minérales,
parmi lesquelles la weilite, la roquesite, la guilleminite, la hocartite,
la raguinite, la roubaultite, la fischesserite, la permingeatite, dédiées
aux minéralogistes français. Il a créé la collection
" Inventaire minéralogique de la France ". Il est co-auteur, avec
G. Aubert et C. Guillemin, d'un " Précis de minéralogie "
paru en 1978, et avec F. Cesbron de Chemical and Determinative Tables of
Mineralogy publiées en 1979 et 1989. R. Pierrot était de
1971 à 1980 le représentant français à la Commission
de nomenclature de l'IMA qui l'a chargé, en 1981, de la publication
d'une liste annuelle de nouvelles espèces minérales. Il était
membre de la Mineralogical Society of America.
En 1976, l'Académie des Sciences a reconnu les mérites
scientifiques de R. Pierrot en lui décernant le prix Millet. Deux
minéraux lui ont été dédiés : la pierrotite,
Tl2Sb6As4S16, découverte à Jas Roux dans les Hautes-Alpes
et la parapierrotite, Tl(Sb,As)5S8 trouvée dans le gisement d'Allchar
en Macédoine. Roland Pierrot était Officier dans l'Ordre
National du Mérite et Chevalier des Palmes Académiques.
Ce passionné de minéralogie, était un homme chaleureux
et plein d'humour qui avait noué des amitiés avec beaucoup
de ses collègues. Tous ceux qui ont eu le privilège de travailler
avec lui se souviendront de sa grande générosité et
de sa modestie. Le Professeur Jean Wyart, membre de l'Institut, disait
de Roland Pierrot : " Il n'a pas l'air sérieux, il ne se prend pas
au sérieux, mais il est beaucoup plus sérieux qu'il ne le
croit lui-même ".
Zdenek JOHAN
Michael FLEISCHER (1908-1998)
Michael « Mike» Fleischer a quitté la communauté
minéralogique et ce monde, à l'âge de 90 ans, le 5
septembre 1998.
Michael Fleischer a fait des études de chimie à l'Université
de Yale, mais abandonnant cette voie, il dédia sa vie professionnelle
à la Minéralogie et à la Géochimie. Il a occupé
les plus hautes fonctions en tant que Président de la Mineralogical
Society of America et de la Geological Society de Washington. Il a
été membre d'honneur de la SFMC et de la Mineralogical Society
et membre de la Deutsche Akademie Naturforscher Leopoldina. Ses travaux
en minéralogie ont fait l'objet de nombreuses publications sur les
oxydes de manganèse et sur le problème délicat de
leur reconnaissance. En géochimie son intérêt pour
les éléments en traces l'a amené à étudier
leur effet sur le corps humain.
Mais Michael Fleischer est sans doute beaucoup plus connu pour son intense
activité dans le domaine de la nomenclature minéralogique.
Immédiatement après son Ph.D il se plongea dans la nomenclature
minéralogique en aidant pendant deux ans W.E. Ford dans la révision
du Dana's System of Mineralogy.
A partir du mois de février 1941, sous les initiales M.F., il
s'occupa de la nouvelle rubrique «new mineral names» de l'American
Mineralogist. Pour la première fois dans l'histoire de la Minéralogie
quelqu'un s'attaquait au problème des critères d'acceptation
de nouveaux minéraux, et à sa rubrique habituelle il ajouta
les sous-sections «new data»et «discredited minerals».
De 1941 à 1960, sur un nombre total de 583 nouvelles espèces
proposées, 311 seulement furent jugées valides par M.F. Durant
cette même période, 224 noms d'espèce furent discrédités
conduisant à un total de 87 espèces supplémentaires
dans la nomenclature.
En 1959 R.L. Parker, premier président de l'IMA le nomma président
de la nouvelle Commission des Espèces Nouvelles et des Nouveaux
Noms. Michael Fleischer la présida jusqu'à 1974 et en resta
président émérite après cette date. Il en est
le véritable père spirituel : il a défini son rôle
et notamment celui de coordonner les questions de nomenclature.
Son travail au sein de la commission l'a conduit tout naturellement
à publier les cinq éditions de son Glossary of Mineral Species.
La prochaine édition, sous la direction de J.A. Mandarino qui lui
a succédé à la commission, portera le nom de Fleischer's
Glossary of Mineral Species.
Son inclinaison naturelle à l'organisation de banques de données
le porta à développer la section minéralogique des
Chemical Abstracts.
Il a été coauteur avec Larsen et Berman d'un autre ouvrage,
peut être moins connu, mais pas moins important, intitulé
Microscopic Determination of the Non Opaque Minerals.
Michael Fleischer laisse sa femme Helen, ses fils Walter et David, et
sa petite fille Ilona.
Dr. Gian Carlo Parodi